Droit administratif (8/2019)

COMMISSION COMMUNAUTAIRE COMMUNE DE BRUXELLES-CAPITALE Article 2019013632 ⋅ Page 75775

SERVICE PUBLIC REGIONAL DE BRUXELLESVille de Bruxelles. – Annulation. – M.B. 2019-08-01 Article 2019013631 ⋅ Page 75775

SERVICE PUBLIC REGIONAL DE BRUXELLESCommune de Saint-Josse-ten-Noode. – Non-Approbation. – M.B. 2019-08-01 Article 2019013630 ⋅ Page 75775

SERVICE PUBLIC REGIONAL DE BRUXELLESCommune de Schaerbeek. – Annulation. – M.B. 2019-08-01 Article 2019013629 ⋅ Page 75775

SERVICE PUBLIC REGIONAL DE BRUXELLESCommune de Ganshoren. – Annulation. – M.B. 2019-08-01 Article 2019013628 ⋅ Page 75775

SERVICE PUBLIC REGIONAL DE BRUXELLESCommune de Woluwe-Saint-Pierre. – Annulation. – M.B. 2019-08-01

Par une série de décisions, la Région de Bruxelles-Capitale annule plusieurs arrêtés communaux. Ce faisant, elle agit ici comme l’autorité de tutelle de ces Communes.

Pour rappel, la tutelle est un pouvoir de contrôle exercé à l’encontre d’une autorité inférieure disposant d’une large autonomie dans sa gestion et d’une personnalité juridique (l’autorité « décentralisée »).

La plus importante autorité décentralisée est justement la Commune, qui est soumise en priorité à l’autorité de tutelle régionale dont elle dépend.

On rappelle qu’une autorité de tutelle peut engager sa responsabilité civile si son acte de contrôle est déclaré illégal par une juridiction.

 

Avis prescrit par l’article 74 de la loi spéciale du 6 janvier 1989
Par trois arrêts, nos 244.747, 244.746 et 244.748, du 6 juin 2019, dont les expéditions sont parvenues au greffe de la Cour le 14 juin 2019, le Conseil d’Etat a posé la question préjudicielle suivante :
« Les articles L5111-1, L5311-1 et L5421-2 du Code wallon de la démocratie locale et de la décentralisation, ainsi que l’annexe insérée dans le même Code par l’arrêté du Gouvernement wallon du 20 décembre 2007 ratifié par le décret du 19 juin 2008, et l’article 38, § 4, de la loi organique des centres publics d’action sociale du 8 juillet 1976 – forme valable en Région wallonne, violent-ils les articles 10 et 11 de la Constitution, en ce que ces dispositions imposent que le remboursement des sommes trop perçues par un mandataire dans le cadre de l’exercice des mandats dérivés se fait au bénéfice de la personne morale de droit public au sein de laquelle le mandat originaire est exercé et non pas au profit de la personne morale qui a octroyé lesdites rémunérations ? ».
Ces affaires, inscrites sous les numéros 7207, 7208 et 7209 du rôle de la Cour, ont été jointes.

Le Conseil d’Etat, saisit de recours contre des actes administratifs, a constaté en cours de procédure, que la légalité de ces actes dépendait de la constitutionnalité d’une disposition légale. Ce faisant, il a posé une question préjudicielle à la Cour constitutionnelle, qui devra rendre un arrêt dans les prochains mois.

Cette question pose une intéressante question relative aux différents patrimoines de personnes morales de droit public, distinctes les unes des autres mais liées par la présence de mandataires publics qui y exercent leurs mandats.

Le cas échéant, le mandataire devrait-il rembourser ses émoluments à la personne publique qui l’a vu siéger ou à la personne publique via laquelle il a pu obtenir le mandat dérivé litigieux ? Cette question appelle également des questionnements au regard des finances publiques de ces différentes institutions.

3 MAI 2019. – Décret sur les routes communales

Par l’adoption de ce décret, la Flandre emboîte le pas de la Wallonie, qui avait également adopté un décret du 6 février 2014 « relatif à la voirie communale ».

Antérieurement à ces textes, la législation sur les voiries relevait encore largement du 19e siècle. L’avantage de ces nouveaux textes est de clarifier les termes utilisés, de préciser ou regrouper les compétences de chacun, notamment les organes communaux, et de consolider des législations éparses.

Néanmoins, comme pour la Wallonie, ce nouveau décret risque de perturber les procédures en cours et de compliquer certaines situations qui se trouveraient à cheval entre l’ancien et le nouveau régime.

2019-07-18 – Extrait de l’arrêt n° 114/2019 du 18 juillet 2019. – M.B. 2019-08-12

COUR CONSTITUTIONNELLE

Extrait de l’arrêt n° 114/2019 du 18 juillet 2019

Numéro du rôle : 7153

En cause : le recours en annulation partielle et la demande de suspension partielle du « Recueil des règles professionnelles 2019 » de l’Ordre français des avocats du barreau de Bruxelles, introduits par J. C.M.

La Cour constitutionnelle, chambre restreinte,

composée du président F. Daoût et des juges-rapporteurs J.-P. Snappe et L. Lavrysen, assistée du greffier P.-Y. Dutilleux,

après en avoir délibéré, rend l’arrêt suivant :

Objet du recours et procédure

Par requête adressée à la Cour par lettre recommandée à la poste le 29 mars 2019 et parvenue au greffe le 2 avril 2019, J. C.M. a introduit un recours en annulation partielle et une demande de suspension partielle du « Recueil des règles professionnelles 2019 » de l’Ordre français des avocats du barreau de Bruxelles.

Le 3 avril 2019, en application de l’article 71, alinéa 1er, de la loi spéciale du 6 janvier 1989 sur la Cour constitutionnelle, les juges-rapporteurs J.-P. Snappe et L. Lavrysen ont informé le président qu’ils pourraient être amenés à proposer à la Cour, siégeant en chambre restreinte, de rendre un arrêt constatant que le recours en annulation et la demande de suspension ne relèvent manifestement pas de la compétence de la Cour.

(…)

En droit

(…)

B.1. La partie requérante, avocat au barreau de Kigali et avocat étranger membre associé du barreau de Bruxelles, demande l’annulation et la suspension partielles du « Recueil des Règles professionnelles des avocats publié fin janvier 2019 par l’Ordre français des Avocats de Bruxelles ». Ce Recueil, qui est en réalité une publication doctrinale parue le 19 janvier 2019 aux éditions Anthemis, a été livré par la poste aux avocats et mis en ligne dans une version électronique disponible sur l’intranet de l’Ordre du barreau de Bruxelles.

B.2. L’article 1er de la loi spéciale du 6 janvier 1989 sur la Cour constitutionnelle dispose :

« La Cour constitutionnelle statue, par voie d’arrêt, sur les recours en annulation, en tout ou en partie, d’une loi, d’un décret ou d’une règle visée à l’article 134 de la Constitution pour cause de violation :

1° des règles qui sont établies par la Constitution ou en vertu de celle-ci pour déterminer les compétences respectives de l’Etat, des Communautés et des Régions; ou

2° des articles du titre II ‘ Des Belges et de leurs droits ‘, et des articles 170, 172 et 191 et de la Constitution;

3° de l’article 143, § 1er, de la Constitution ».

B.3. Ni cet article 1er, ni aucune autre disposition constitutionnelle ou législative ne confèrent à la Cour le pouvoir de statuer sur un recours en annulation dirigé contre un recueil de règles professionnelles.

B.4. Le recours en annulation et la demande de suspension ne relèvent manifestement pas de la compétence de la Cour.

Par ces motifs,

la Cour, chambre restreinte,

statuant à l’unanimité des voix,

constate que le recours en annulation et la demande de suspension ne relèvent pas de la compétence de la Cour.

Ainsi rendu en langue française, en langue néerlandaise et en langue allemande, conformément à l’article 65 de la loi spéciale du 6 janvier 1989 sur la Cour constitutionnelle, le 18 juillet 2019.

Le greffier, Le président,

P.-Y. Dutilleux F. Daoût

L’ordre des avocats francophone de Bruxelles a publié récemment un magnifique recueil des textes et décisions déontologiques applicables à la profession. Le recours était dirigé contre ce texte. Naturellement, la Cour constitutionnelle a rappelé que sa compétence d’annulation se limite aux textes de nature législative et a donc rejeté le recours.

6 MAI 2019. – Décret relatif à la délinquance environnementale

Ce décret remplace toutes les dispositions procédurales wallonnes qui entouraient la recherche et la répression des infractions environnementale. Il se baserait sur une étude de terrain réalisée en vue d’améliorer les dispositions qui étaient alors en vigueur.

D’après les travaux préparatoires du texte, on peut citer, entre autres modifications :

« –    révision  permettant  l’augmentation  du  nombre  d’agents  constatateurs  sur  le  terrain,  et  augmentation de leurs prérogatives;

–  instauration d’un statut pour les Ambassadeurs de la propreté, comme assistant des agents constatateurs;

–    renforcement  du  panel  de  mesures  que  peut  prendre  le  fonctionnaire  sanctionnateur  et  majoration des amendes administratives;

–    mécanisme  de  dépénalisation  de  certaines  infractions  mineures  (incivilités  et  manquements administratifs) d’infractions pour avoir une réponse répressive plus rapide (par le biais directement de l’amende administrative);

–    organisation d’un régime spécifique pour les mineurs âgés entre 14 et 18 ans;

–  instauration d’un mécanisme de peines alternatives présentant un caractère de sensibilisation ou d’éducation. »

Définir le droit administratif

Le droit administratif est l’une des branches du droit. Il faut donc d’abord s’entendre sur le terme de « droit » avant d’en arriver au « droit administratif ».

Sans rentrer dans des définitions philosophiques, on peut dire que le droit, en tant que discipline scientifique, concerne l’étude des règles qui encadrent la vie en société et prescrivent aux individus les comportements à adopter. Ce droit est, le plus souvent, produit par un Etat et le contrôle de son respect est assuré par un juge, assisté d’une administration de la Justice. (étymologie du droit, tiré d’Etymologies du français, Coll., 3 tomes, Versailles, Belin, 1996)

« Le droit » peut aussi désigner dans le langage courant, non pas une discipline scientifique, mais cet ensemble de règles lui-même.

Le système complet de règles juridiques est toutefois habituellement appelé « l’ordre juridique » ou « l’ordonnancement juridique ». On parle aussi dans ce cas du « droit objectif », ou de l’ensemble des règles de « droit objectif ».

On oppose en général le droit objectif aux « droits subjectifs » (au pluriel), qui sont les avantages que puisent les individus dans la mise en œuvre des règles de droit objectif. Lorsqu’on dit « j’ai droit à un avocat » ou « j’ai le droit d’assister à ce concert », cela signifie que je dispose d’un droit subjectif, d’une part, à être défendu (par un avocat), d’autre part, que j’ai le droit subjectif de me rendre dans la salle de concert et de rester durant la représentation, par exemple, parce que j’aurais préalablement payé ma place. Le premier exemple relève de l’exercice d’un droit fondamental : le droit à la défense, qui ressort du droit public et administratif. Le deuxième exemple concerne le droit privé et illustre qu’un droit subjectif peut naître pour une personne d’un accord entre plusieurs individus et peut être conditionné à la réalisation d’une démarche particulière (j’ai le droit d’assister à un concert parce que j’ai payé ma place).

L’adjectif « administratif » vient, quant à lui, de l’« administration », qui est une structure « au service » de son maître (dans la démocratie : le citoyen ou l’intérêt général). (étymologie de l’administration, op. cit.)

Le droit administratif est donc la branche du droit qui s’intéresse au fonctionnement et à la structure de cette administration et aux effets des règles qu’elle produit dans tous les domaines. A la différence du droit constitutionnel, qui traite des règles les plus importantes, qui sont au fondement de l’ordre juridique et de l’Etat, le droit administratif concerne les serviteurs ou les intendants de cet Etat. Concrètement, il intéresse tout un chacun puisque les administrations sont partout (qu’on songe seulement aux Communes en Belgique) et les décisions administratives sont le quotidien de chacun (acte d’état civil, permis d’urbanisme, taxe sur les déchets…).

Il s’agit d’une discipline assez récente puisque, si l’administration est aussi ancienne que les grands empires de l’Antiquité et que l’écriture, l’idée de la soumettre à des règles de droit est finalement assez nouvelle et remonte à un siècle ou deux.

Juge (magistrat)

Le juge dit le droit. Il n’intervient que lorsqu’il y a un conflit entre individus et que l’un d’entre eux décide de porter l’affaire devant un Tribunal[1]. Lorsqu’il est saisi d’une question, le juge est obligé de rendre une décision, sous peine de commettre un déni de justice, il ne peut donc pas décider de ne pas décider[2].

On dit que la décision du juge a autorité de chose jugée, ce qui implique l’obligation de s’y conformer, ou de la critiquer en introduisant un recours contre celle-ci.

En Belgique, on distingue habituellement le juge judiciaire, chargé de trancher la plupart des questions des justiciables (articles 144 et 145 de la Constitution) et le juge administratif, qui est un magistrat aux compétences spécialement définies et encadrées par la loi. Il n’intervient que de manière exceptionnelle mais il est courant d’en rencontrer dans le contentieux du droit administratif (Conseil d’Etat, Conseil du contentieux des Etrangers, Juridictions INAMI, etc.). Le juge administratif est un véritable juge, qui ne doit donc pas être confondu avec l’administration, qui statue sur un recours d’un justiciable. Les deux institutions se ressemblent mais sont très différentes puisque l’administration ne ressort pas du pouvoir judiciaire mais du pouvoir exécutif.

[1] Devant le juge pénal, c’est le Parquet, qui représente la société toute entière, qui cite habituellement la personne suspectée d’avoir commis une infraction. Devant le juge civil, c’est l’une des personne directement concernée par le conflit qui introduit habituellement la procédure.

[2] Il s’agit d’une conception occidentale de l’office du juge, héritée de la tradition germanique et chrétienne. Une telle conception de l’office du juge ne se retrouve pas dans des pays tels que la Chine, par exemple.

Les contrats

L’essentiel de la législation relative aux contrats se trouve aux articles 1101 à 1369 du Code civil. Dans un avenir plus ou moins proche, il est toutefois possible que ces dispositions du Code civil soient remplacées par celles d’un nouveau Code civil.

D’autres sources que le Code civil existent toutefois, comme le rappelle l’article 1107 du Code civil (contrats spéciaux, dans des titres ou des lois particulières).

Une grande liberté est laissée aux parties pour la rédaction de leurs contrats, qui n’est limitée que par leur inventivité et par l’ordre public (article 6 du Code civil). Toutefois, le contrat s’inscrit toujours dans un ordonnancement juridique donné, qui a un impact sur ce dernier et qu’il faut connaître pour bien comprendre ce que l’on s’apprête d’accepter.

De plus, de nombreuses règles supplétives, qui s’appliqueront à la conclusion puis à l’exécution des conventions, à défaut pour les parties d’avoir prévu autre chose existent dans notre ordonnancement juridique.

Ce sont donc quelques unes des plus importantes règles énoncées ci-dessus qui sont présentées ici.

  1. Principes de base en matière contractuelle :

autonomie des volontés :

  • Contracter avec qui on veut
  • Contracter ou ne pas contracter
  • Mettre ce qu’on veut dans le contrat

 

consensualisme

  • Principe de base : aucune règle de forme pour faire des contrats
    • Exceptions :
      • Le formalisme probatoire : le contrat est formé consensuellement mais pour le prouver en justice, il y a une formalité à remplir (ex : article 1341 du Code civil – nécessité d’un document écrit pour un contrat d’un montant de plus de 375 euros) (attention à l’entrée en vigueur future de la loi du 13 avril 2019 « portant création d’un Code civil et y insérant un livre 8  » La preuve  » »
      • Le formalisme d’opposabilité : le contrat est formé consensuellement mais les tiers au contrat ne peuvent se voir « opposer » (c’est-à-dire : les tiers ne doivent considérer qu’il y a contrat) que si le formalisme est rempli (ex : la transcription de la vente d’un immeuble)
      • Le formalisme de validité : le contrat n’est formé qu’avec l’accomplissement du formalisme requis (vraie exception au consensualisme). Ex : l’hypothèque nécessite la réalisation d’un acte authentique devant notaire

 

  1. Eléments constitutifs du contrat (article 1108 du Code civil)

A : Intention juridique : c’est la volonté de s’engager sur le terrain juridique, de ne pas « jouer » à contracter.

 

B : Accord de volontés

  • Rencontre de l’offre et son acceptation

/!\ il faut une offre non conditionnelle, sinon ce n’est pas une offre. L’acceptation d’une offre conditionnelle est une contre-offre qui doit être acceptée ensuite.

 

  • Pourparlers contractuels : phase de négociation avant qu’un contrat ne se forme

Le contrat se forme lorsque les éléments objectivement nécessaires sont là (l’objet bien clair du contrat et son prix)

Des éléments subjectivement essentiels peuvent être ajoutés par les parties en cours de négociation. (difficultés probatoires si aucun document précontractuel n’existe !)

 

  • Conditions générales : sorte de contrat d’adhésion, déjà pré rédigée par l’entreprise

Questions à se poser : sont-elles légales (cf. article 6 du Code civil)

Sont-elles rentrées dans le champ contractuel ? (ont-elles été acceptées ou au moins portées à la connaissance de la partie qui doit les subir ?)

Sont-elles contradictoires par rapport au contrat définitif ? si oui, écartement

Sont-elles en contradiction avec les conditions générales de l’autre partie ?

 

C : Conditions de validité (article 1108 du Code civil)

 

Existence du consentement ? (cf. accord de volontés)

  • Erreur-obstacle

 

Vices du consentement (article 1109 du Code civil)

 

  • Erreur (comp. : erreur-obstacle)

(article 1110 du Code civil)

 

  • Dol

(article 1116 du Code civil)

 

  • Violence

(articles 1111-1115 du code civil)

 

  • Lésion ?

(article 1118 du Code civil)

 

  • Culpa in contrahendo ? (théorie jurisprudentielle, dégagée à partir de l’article 1382 du Code civil)

 

Capacité : lien avec la personnalité juridique de la partie qui contracte (articles 1123 à 1125 du Code civil)

 

Objet (articles 1126 à 1130 du Code civil)

 

Cause licite : lien avec l’article 6 du Code civil (articles 1131 à 1133 du Code civil)

 

==>> Nullité relative et nullité absolue – nécessite toujours une prononciation en justice (article 1117 du Code civil)

 

  1. Effets du contrat
  • Principes de base :

A : convention-loi (article 1134 alinéas 1 et 2 du Code civil)

  • Entre les parties

Principe : le contrat a valeur de loi entre les parties, elles doivent le respecter, donc :

  • Les parties ne peuvent pas unilatéralement revenir sur le contrat conclu
  • Les parties ne peuvent pas unilatéralement mettre fin pour l’avenir au contrat
  • Les parties ne peuvent pas unilatéralement modifier le contrat

Exceptions

La loi peut y déroger (ex : des législations protectrices du consommateur permettent la rétractation ; par exemple, l’achat sur Internet peut être rétracté durant quelques jours)

Pour les contrats à durée indéterminées, on peut toujours rompre pour l’avenir moyennant préavis (voir : Article 1780 du Code civil)

Une clause du contrat peut prévoir un droit de rétractation ou de résiliation unilatérale car l’article 1134 du Code civil est supplétif

Enfin, les parties peuvent conclure un nouveau contrat qui annule, remplace ou met fin au précédent contrat

  • V/v du Juge appelé à trancher un litige

Principe : le juge ne peut pas modifier le contrat en invoquant l’équité (Un homme riche prête de l’argent à un homme pauvre : le juge ne pourra pas dire que le pauvre ne devrait pas rembourser parce que ce serait injuste…)

Exceptions légales ? ex. l’article 1244 du Code civil et le délai de grâce (disposition impérative !)

Question de l’interprétation du contrat : article 1156 et suivants du Code civil

  • V/v des tiers au contrat

Principe (Article 1165 du Code civil) : le contrat ne lie pas les tiers mais il peut leur être « opposé », ils doivent tenir compte de l’existence du contrat

Exceptions :

La stipulation pour autrui (article 1121 du Code civil) qui permet à un tiers au contrat de bénéficier d’un avantage à charge d’un des cocontractants

L’action directe qui permet, dans la matière des contrats d’entreprise, au sous-traitant de l’entrepreneur d’agir directement contre le maître de l’ouvrage afin d’obtenir le paiement de sa rémunération à charge de l’entrepreneur (cas prévu à l’article 1798 du Code civil)

(d’autres cas d’action directe et de stipulations pour autrui existent en matière de contrats d’assurance)

L’action oblique qui permet aux créanciers (B) du créancier (A) d’agir contre les débiteurs du créancier (B), si ce dernier est resté inactif (article 1166 du Code civil)

L’action paulienne qui permet, en cas de fraude d’un débiteur, de rendre inopposable certains de ses actes afin de permettre le paiement de ses créanciers (article 1167 du Code civil ; v. le cas de la succession de la maman de Michelle Martin

 

B : la « Bonne foi » (articles 1134, alinéa 3 et 1135 du Code civil)

  • Fonction interprétative (// articles 1156 et s. du Code civil)
  • Fonction complétive (gonfler le contrat par des obligations satellites)

Par exemple : l’obligation de sécurité, voire d’information

  • Fonction modératrice de la bonne foi qui impose de ne pas user de ses droits puisés dans le contrat d’une manière disproportionnée, dans le but de nuire, etc.

(voir : abus de droit : c’est dépasser manifestement les limites de l’exercice normal de ses droits. Démontrer l’abus de droit nécessite une appréciation in concreto de la situation, pas question de parler d’abus de droit trop vite ou de manière abstraite. La sanction de l’abus de droit est la réduction du droit à son usage normal). Pour rappel, l’abus de droit trouve sa source dans le droit des biens : exemple de la construction de piques par un propriétaire d’un terrain afin de crever le ballon dirigeable de son voisin.

  • Fonction modificatrice ? Refusée en vertu du principe de convention-loi

!!!! en cas de situation inéquitable, les parties peuvent s’entendre afin de conclure un nouveau contrat de nouveau équitable. Elles n’en ont pas l’obligation cependant. Cette situation n’a rien à voir avec la bonne foi dans sa fonction modératrice mais provient d’une application stricte de la liberté contractuelle.

!!!! idem si le contrat prévoit au départ qu’en cas de bouleversement de l’équilibre contractuel (exemple : la crise pétrolière de 1973), les parties devront renégocier leurs obligations. Cette situation est une application de la liberté contractuelle.

 

  • Exécution des obligations

A : Les types d’obligations dans un contrat sont : l’obligation de faire, de ne pas faire et de donner (articles 1136 à 1145 du Code civil)

B : intensité des obligations (moyens ou résultat ?)

L’obligation de moyen, c’est lorsqu’on s’engage à tout mettre en œuvre pour faire quelque chose (ex : l’avocat qui s’engage à bien défendre son client)

L’obligation de résultat, c’est quand on s’engage à un résultat donné (l’avocat s’engage à se rendre à une audience pour représenter son client)

Comment déterminer la nature de l’obligation ? :

1 : la loi impérative fixe la nature de l’obligation > la convention fixe la nature de l’obligation > la loi supplétive fixe la nature de l’obligation > à défaut : l’aléa, c’est-à-dire qu’il faut se poser cette question : la réalisation de ce qui est convenu dépend-t-il principalement du débiteur (obligation de résultat) ou seulement partiellement de lui (obligation de moyens)

2 : la distinction entre obligation de moyens et de résultat permet de déterminer qui a la charge de la preuve de l’inexécution fautive (article 1315 du Code civil)

Lorsqu’il y a obligation de moyens, c’est celui qui prétend qu’il y a inexécution fautive qui doit démontrer cette inexécution, il doit démontrer que son débiteur n’a pas tout mis en œuvre comme le devait un bon père de famille

Lorsqu’il y a obligation de résultat, celui qui prétend qu’il y a inexécution fautive doit uniquement démontrer que le résultat n’est pas atteint. Le débiteur est alors présumé en faute et ne peut renverser la charge de la preuve qu’en démontrant la présence d’une cause étrangère libératoire, c’est-à-dire un évènement indépendant de sa volonté (il ne peut avoir commis une faute ou une négligence) qui a rendu la réalisation de l’obligation IMPOSSIBLE)

Ex : un avocat a l’obligation de résultat de se rendre à une audience. Il n’est pas présent.

Il invoque un accident de voiture ou une panne de voiture ou encore le fait que la foudre s’est abattue sur lui. Il peut aussi invoquer une terrible grippe qui l’a foudroyée. Il s’agit potentiellement de causes étrangères libératoires.

Son créancier peut encore renverser la charge de la preuve en prouvant que l’accident est dû à un excès de vitesse ou à une consommation d’alcool. Il peut dire que la panne est due à un défaut d’entretien de la voiture. Il peut aussi dire que l’avocat s’est exposé de manière fautive à la grippe, en côtoyant des malades ou en ne se vaccinant pas…

Qu’est-ce que l’impossibilité de pouvoir exécuter son obligation ?

Ce n’est pas l’obligation simplement devenue plus difficile ou plus onéreuse (ex : la crise pétrolière). C’est une situation où l’obligation est vraiment devenue impossible à remplir (ex : si la crise pétrolière avait engendré la disparition de tout le pétrole sur terre). Cette condition est appréciée un peu plus souplement de nos jours (ex : l’avocat dont la voiture est en panne doit-il l’abandonner afin de prendre un taxi pour arriver à l’audience ? plutôt non. Cela étant, l’avocat qui tombe en panne devrait au moins prévenir le Greffe du Tribunal afin de signaler son retard et obtenir éventuellement un report de l’audience (sinon, on peut dire qu’il commet une négligence).

 

C : cas particulier de l’obligation de donner

Donner ? c’est en réalité constituer ou transférer un droit réel

 

Il faut distinguer les droits de créance et les droits réels :

 

Les droits réels sont des biens incorporels, soit meubles, soit immeubles.

Les droits réels s’opposent aux droits de créance, aussi appelés « droits personnels » qui ont « pour but l’utilisation de services [et] s’analysent en rapports entre deux personnes déterminées, en vertu desquels la première (le créancier) peut exiger de la seconde (le débiteur) l’accomplissement d’un fait ou d’une abstention »[1]. Les droits réels consistent, quant à eux, « en un rapport sur une chose dont l’appropriation plus ou moins complète procure au titulaire du droit une part plus ou moins grande de l’utilité qu’offre cette chose »[2].

 

Principe : l’article 1138 du Code civil qui prévoit que le transfert du droit réel (et des risques qui y sont liés) se fait dès l’échange des consentements.

 

Intérêt de la question : déterminer qui est propriétaire et qui assume le risque lié à la propriété ?

 

 

4. Inexécution des obligations

La mise en demeure

Qu’est-ce que c’est ? une injonction de payer

Peut-on se dispenser de mettre en demeure ? En principe non. Cependant, le contrat ou la loi peuvent en dispenser de manière ponctuelle. La mise en demeure peut aussi être inutile si l’exécution de l’obligation est devenue impossible (par exemple : l’obligation de livrer du muguet le 1er mai et pas de livraison avant le 2 mai, de sorte que l’obligation de livrer le muguet à temps est devenue impossible)

L’exécution (forcée) en nature

  • L’exécution en nature du contrat est un droit du créancier, il n’est pas nécessaire que l’inexécution fautive cause un dommage au créancier pour l’exiger (comparer avec la responsabilité contractuelle)

A : le remplacement (judiciaire) (articles 1143 et 1144 du Code civil) C’est faire exécuter l’obligation de Y par un tiers Z au contrat, aux frais de Y.

Exception : remplacement hors justice : unilatéralement (si urgence, inexécution imputable ; à faire modérément et en toute bonne foi) ou via une clause de remplacement

B : l’astreinte (articles 1385bis et s.)

Peine privée toujours prononcée en justice

En cas de non-paiement d’une somme d’argent, il est impossible de condamner à une astreinte !!!!!!!!!!!

Peut être énorme. Exemple : 25.000 euros par jour de retard dans l’exécution de l’obligation de l’Etat de délivrer un visa à un candidat réfugié syrien

 

L’exécution par équivalent (ou « responsabilité contractuelle »)

A : une mise en demeure (renvoi)

B : inexécution imputable au débiteur (renvoi) ; article 1151 du Code civil (le lien causal)

C : dommage direct et prévisible (article 1149 du Code civil mais limite à l’article 1150 du Code civil (prévisibilité de la survenance et non de l’étendue du dommage !) sauf en cas de dol).

 

Quelques clauses d’aménagement de la responsabilité contractuelle

A : dispense de mise en demeure

 

B : modification des règles d’imputabilité de la faute du débiteur (Obligations de moyens, de résultat ou de garantie)

Cas spécifique de l’article 18 de la loi relative au contrat de travail : le travailleur n’est pas responsable pour ses fautes légères occasionnelles

 

C : modification des règles d’imputabilité du dommage du créancier

Cas spécifique des intérêts de retard (article 1153 du Code civil) (taux civil, taux commercial et taux fiscal)

Clause pénale (article 1226 du Code civil) ( !!!: article VI.83, 24° du Code de droit économique)

 

Deux règles relatives aux contrats synallagmatiques :

 

L’exception d’inexécution à 5 conditions : ne pas s’être déjà exécuté, être face à une inexécution, qui est imputable au débiteur, être et rester de bonne foi (proportion et mise en demeure) et rester en mesure de s’exécuter

La résolution fautive (article 1184 du Code civil) : en justice, après mise en demeure de s’exécuter, inexécution consommée, imputable et suffisamment grave.

 

 

[1]J. HANSENNE, op. cit., pp. 26-27. Remarquons que l’auteur s’oppose à cette vision qu’il qualifie de « classique » au profit d’une vision « neo-personnaliste » que nous n’avons pas l’opportunité de développer ici. Voy. à ce sujet : id., pp. 32-35.

[2]Ibid., p. 25.

 

Ce plan général provient de l’enseignement du cours de droit civil que j’ai eu la chance de dispenser à la Haute Ecole de la Ville de Bruxelles. Son inspiration me vient de ma pratique professionnelle mais également de l’enseignement que j’ai moi-même reçu à l’Université de Liège.

Droit administratif (7/2019)

1er FEVRIER 2019. – Accord de coopération d’exécution complémentaire entre l’Etat fédéral et la Région wallonne adaptant l’accord de coopération d’exécution du 5 octobre 2018 entre l’Etat fédéral, la Région flamande, la Région wallonne et la Région de Bruxelles-Capitale concernant la finalisation des travaux RER

Un accord de coopération est une sorte de traité entre plusieurs entités de la Belgique fédérale.

En l’espèce, il s’agit d’un accord entre la Région wallonne et l’Autorité fédérale au sujet des travaux du RER.

Cet accord modifie ou fixe :
1. le planning global des lignes et gares
2. le budget
3. les travaux SNCB à réaliser par gare/point d’arrêt
4. les fiches détaillées
5. le tableau récapitulatif

Avis prescrit par l’article 3quater de l’arrêté du Régent du 23 août 1948 déterminant la procédure devant la section du contentieux administratif du Conseil d’État et par l’article 7 de l’arrêté royal du 5 décembre 1991 déterminant la procédure en référé devant le Conseil d’État. – M.B. 2019-07-04

Un recours au Conseil d’Etat en suspension et en annulation est introduit devant la juridiction administrative afin de critiquer la décision d’aligner le régime de taxation du cannabis sur celui du tabac.

L’introduction de ce recours est intéressante puisque d’une part, le cannabis se situe à la frontière de la légalité et son imposition est donc un cas limite, entre un régime de sanction et celui d’un régime de taxation. D’autre part, l’imposition étant soumise à un principe de légalité, une loi doit en principe déterminer la base de taxation, ce qui ne semble pas être le cas ici puisqu’à lire l’avis publié, c’est une décision administrative qui parait avoir étendu le champ d’application de l’impôt.

Avis prescrit par l’article 3quater de l’arrêté du Régent du 23 août 1948 déterminant la procédure devant la section du contentieux administratif du Conseil d’État et par l’article 7 de l’arrêté royal du 5 décembre 1991 déterminant la procédure en référé devant le Conseil d’État. – M.B. 2019-07-12

Le Conseil d’Etat est saisi d’un recours en suspension et en annulation à l’encontre d’un arrêté du Gouvernement wallon du 28 février 2019 favorisant la prévention de certains déchets et la propreté publique. Cet arrêté encadre en réalité la distribution des écrits non-adressés, c’est-à-dire essentiellement les écrits publicitaires sur lesquels le nom de la personne qui reçoit le document n’est pas visé. Il s’agit de publicités toutes boîtes.

Ces écrits font habituellement l’objet d’une taxation par les autorités communales, diversement appréciées par les Cours et Tribunaux chargés de traiter les nombreux recours contre ces taxes.

23 MAI 2019. – Arrêté du Gouvernement wallon relatif aux délégations de pouvoirs au Service public de Wallonie

Cet arrêté du Gouvernement adopte une série de délégations à différents fonctionnaires de la Région wallonne.

Traditionnellement, on oppose la délégation d’un pouvoir à l’attribution de celui-ci. La deuxième est admise pour autant qu’elle soit confiée par la loi ou la Constitution alors que la première n’est acceptée qu’accessoirement, avec des conditions strictes.

On oppose également la véritable délégation de pouvoir à la simple délégation de signature, qui permet uniquement de signer un acte réalisé par l’autorité compétente.

Si la délégation permet d’accélérer le traitement administratif des dossiers, qui n’ont pas besoin d’être signés par un Ministre, par exemple, elle engendre par contre une insécurité juridique puisqu’elle fragilise la légalité des actes administratifs adoptés sur délégation.

29 JUILLET 2019. – Loi ouvrant des crédits provisoires pour les mois d’août, septembre et octobre 2019

Cette loi permet à l’autorité fédérale de continuer à dépenser de l’argent (engager des crédits et les liquider, pour être précis) pour les mois d’août, de septembre et d’octobre 2019, dans les limites et selon les conditions prévues préalablement et moyennant l’ajout de quelques spécificités pour la périodes (des « cavaliers budgétaires »).

Cette loi fait suite à l’impossibilité pour le gouvernement fédéral d’adopter un budget de plein exercice (retrait de la NVA et démission du Premier Ministre). Elle fait suite à la loi du 21 décembre 2018 « de Finances pour l’année budgétaire 2019 » qui ouvrait les crédits provisoires pour les trois premiers mois de l’année et surtout, qui permet à l’administration de recouvrer les impôts pour l’année 2019, à la loi du 1er mars 2019 « portant ajustement de la loi de finances du 21 décembre 2018 pour l’année budgétaire 2019 » et à loi du 27 mars 2019 « ouvrant des crédits provisoires pour les mois d’avril, mai, juin et juillet 2019 ».

Droit administratif (6/2019)

Droit administratif général :

*textes légaux et règlementaires
-22 MAI 2019. – Arrêté royal définissant la manière de signaler l’utilisation de caméras fixes et fixes temporaires par les services de police
-16 MAI 2019. – Ordonnance portant assentiment à : l’accord de coopération du 20 décembre 2018 conclu entre la Communauté flamande, la Commission communautaire française et la Commission communautaire commune relatif au parcours d’accueil obligatoire des primo-arrivants à Bruxelles-Capitale, et modifiant l’ordonnance du 11 mai 2017 concernant le parcours d’accueil des primo-arrivants
-16 MAI 2019. – Ordonnance portant assentiment à l’accord de coopération du 15 février 2019 conclu entre la Communauté française, la Communauté flamande, la Communauté germanophone et la Commission communautaire commune de Bruxelles-Capitale relatif à la classification des films diffusés dans les salles de cinéma belges
– 2 MAI 2019. – Loi relative aux pétitions adressées à la Chambre des représentants
– 25 AVRIL 20219. – Arrêté du Gouvernement wallon portant exécution du décret du 4 avril 2019 relatif à la formation professionnelle individuelle
– 2 MAI 2019. – Décret spécial modifiant le décret spécial du 19 juillet 2018 instituant la consultation populaire
-2 MAI 2019. – Décret relatif à l’organisation de la consultation populaire régionale
-28 MARS 2019. – Arrêté du Gouvernement wallon relatif aux obligations comptables et à la publicité des comptes annuels des caisses d’allocations familiales
-4 AVRIL 2019. – Arrêté du Gouvernement wallon portant exécution du décret du 28 février 2019 relatif au contrôle des législations et réglementations relatives à la politique économique, à la politique de l’emploi et à la recherche scientifique ainsi qu’à l’instauration d’amendes administratives applicables en cas d’infraction à ces législations et réglementations
-16 MAI 2019. – Décret et ordonnance conjoints relatifs au médiateur bruxellois
-22 MAI 2019. – Loi modifiant l’arrêté royal du 20 juillet 1971 instituant une assurance indemnités et une assurance maternité en faveur des travailleurs indépendants et des conjoints aidants, en vue de supprimer la période de carence
-2 JUIN 2019. – Arrêté royal relatif à la réutilisation des informations du secteur public

*Introduction de recours à la Cour constitutionnelle
-Avis prescrit par l’article 74 de la loi spéciale du 6 janvier 1989
Par arrêt n° 244.091 du 1er avril 2019, dont l’expédition est parvenue au greffe de la Cour le 8 avril 2019, le Conseil d’Etat a posé la question préjudicielle suivante :
« L’article 19, alinéas 1er et 2, des lois sur le Conseil d’Etat, coordonnées le 12 janvier 1973, viole-t-il les articles 10, 11 et 13 de la Constitution, lus isolément ou en combinaison avec l’article 6, § 1er, de la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, en ce que, en son alinéa 1er, il subordonne la recevabilité des recours qu’il vise à leur introduction dans le délai qu’il habilite le Roi à déterminer et en ce que, en son alinéa 2, il édicte que les délais de prescription pour les recours en annulation des actes administratifs à caractère individuel ne prennent cours que si la notification par l’autorité administrative de l’acte ou de la décision à portée individuelle indique l’existence de ces recours ainsi que les formes et délais à respecter, sans toutefois également viser les recours en cassation formés contre les décisions contentieuses rendues en dernier ressort par les juridictions administratives ? ».

*Décisions de jurisprudence
– CC 79/2019 : B.4.1. Le premier moyen dans l’affaire n° 6916 est entre autres pris de la violation, par l’article 61, 10°, de la loi du 2 octobre 2017, des articles 10 et 11 de la Constitution, en ce que cette disposition empêche les agents de gardiennage de faire simultanément partie d’une entreprise ou d’un service interne autorisé pour l’exercice de l’activité de gardiennage « gardiennage milieux de sorties » et d’une autre entreprise, non associée, ou d’un autre service interne autorisé pour d’autres activités, alors que les agents de gardiennage qui ne sont pas actifs dans les milieux de sorties peuvent quant à eux faire partie de plusieurs entreprises ou services internes.
B.4.2. Le principe d’égalité et de non-discrimination n’exclut pas qu’une différence de traitement soit établie entre des catégories de personnes, pour autant qu’elle repose sur un critère objectif et qu’elle soit raisonnablement justifiée.
L’existence d’une telle justification doit s’apprécier en tenant compte du but et des effets de la mesure critiquée ainsi que de la nature des principes en cause; le principe d’égalité et de non-discrimination est violé lorsqu’il est établi qu’il n’existe pas de rapport raisonnable de proportionnalité entre les moyens employés et le but visé.
B.4.3. Comme il est dit en B.1.8, en instaurant l’incompatibilité attaquée, le législateur voulait notamment augmenter la fiabilité de l’ensemble du secteur et protéger ainsi l’ordre public et garantir l’intégrité physique de la population. Le Conseil des ministres fait valoir que le rapport d’évaluation relatif à la loi du 10 avril 1990 réglementant la sécurité privée et particulière a révélé que les entreprises et les membres de leur personnel qui sont actifs dans les milieux de sorties courent un risque beaucoup plus élevé d’être influencés par des organisations criminelles.
B.4.4. La loi du 2 octobre 2017 n’empêche pas que des entreprises ou services internes disposent également, en plus de leur autorisation de gardiennage dans les milieux de sorties, d’autorisations pour exercer d’autres activités de gardiennage. L’incompatibilité attaquée n’empêche pas non plus que des personnes affectées au gardiennage dans les milieux de sorties exercent, pour la même entreprise, des activités de gardiennage dans d’autres secteurs. L’incompatibilité attaquée n’est dès lors pas pertinente à la lumière de l’objectif mentionné en B.4.3.
B.5.1. Le législateur entendait également protéger la réputation d’entreprises qui ne sont nullement actives dans l’activité de gardiennage « gardiennage milieux de sorties », en évitant que leur personnel soit actif dans le gardiennage dans les milieux de sorties sans qu’elles en soient informées (Doc. parl., Chambre, 2016-2017, DOC 54-2388/001, pp. 42-43).
B.5.2. En vertu de l’article 45 de la loi du 2 octobre 2017, toutes les entreprises ou services internes, et les personnes qui en assurent la direction effective, prennent toutes les mesures de précaution et effectuent les contrôles nécessaires afin que les membres de leur personnel et les personnes qui travaillent pour leur compte respectent, dans l’exercice de leur fonction, les lois en général et la loi précitée et ses arrêtés d’exécution, en particulier. Par conséquent, tant les entreprises et services internes autorisés pour exercer l’activité de gardiennage « gardiennage milieux de sorties » que les entreprises ou services internes autorisés pour exercer d’autres activités de gardiennage sont tenus de garantir que les membres de leur personnel et les personnes qui travaillent pour leur compte répondent au profil établi par l’article 64 de la loi du 2 octobre 2017.
En ce qui concerne spécifiquement l’activité de gardiennage « gardiennage milieux de sorties », en vertu de l’article 126 de la même loi, lorsqu’ils exercent leur fonction à l’entrée ou à la sortie des milieux de sorties, à l’exception des lieux de danse occasionnels, les agents de gardiennage peuvent en outre uniquement l’exercer pour autant qu’ils soient eux-mêmes identifiables au moyen d’images de vidéosurveillance et que les actes qu’ils posent soient accomplis, de manière reconnaissable, dans le champ de vision des caméras de surveillance dont les images sont enregistrées et conservées.
B.5.3. L’objectif mentionné en B.5.2 ne justifie pas que des personnes satisfaisant à toutes les conditions imposées, qui travaillent pour des entreprises autorisées qui remplissent également toutes les conditions légales pour obtenir les autorisations requises et qui, pendant l’exécution de leurs activités dans les milieux de sorties, sont dans de nombreux cas soumis à la vidéosurveillance, soient empêchées de faire simultanément partie d’une entreprise ou d’un service interne autorisé pour l’exercice de l’activité de gardiennage « gardiennage milieux de sorties » et d’une autre entreprise, non associée, ou d’un autre service interne autorisé pour d’autres activités.
B.5.4. Le premier moyen dans l’affaire n° 6916 est fondé.
Il y a lieu d’annuler l’article 61, 10°, de la loi du 2 octobre 2017.
B.6. Dès lors que les autres moyens ne peuvent donner lieu à une annulation plus étendue, ils ne doivent pas être examinés.
Par ces motifs,
la Cour
annule l’article 61, 10°, de la loi du 2 octobre 2017 réglementant la sécurité privée et particulière.
Ainsi rendu en langue néerlandaise, en langue française et en langue allemande, conformément à l’article 65 de la loi spéciale du 6 janvier 1989 sur la Cour constitutionnelle, le 23 mai 2019.
-CC, 72/2019, Quant au principe d’égalité et de non-discrimination
B.6.1. Dans leur deuxième moyen, les parties requérantes dans l’affaire n° 6840 font valoir que le principe d’égalité et de non-discrimination est violé, en ce que les dispositions attaquées imposent aux titulaires d’une licence de classe A ou A+ une contribution plus élevée qu’aux titulaires d’une licence de classe B ou B+.
B.6.2. En vertu de l’article 25 de la loi du 7 mai 1999, une licence de classe A est nécessaire pour l’exploitation d’un établissement de classe I et une licence de classe B est nécessaire pour l’exploitation d’un établissement de classe II. La classe I regroupe les casinos. La classe II regroupe les salles de jeux automatiques. Les licences supplémentaires de classes A+ et B+ sont nécessaires pour exploiter des jeux de hasard en ligne. Elles ne peuvent être octroyées qu’à des personnes qui sont déjà titulaires d’une licence de classe A ou B.
B.6.3. Pour l’année 2017, la rétribution pour une licence de classe A s’élève à 21 593 euros; elle s’élève également à 21 593 euros pour une licence de classe A+, à 10 796 euros pour une licence de classe B et également à 10 796 euros pour une licence de classe B+. En outre, la rétribution pour les titulaires d’une licence de classe A qui exploitent des jeux de hasard automatiques s’élève à 698 euros par appareil avec un minimum de 20 997 euros.
B.6.4. Ainsi qu’il a été rappelé en B.3.3, la rétribution revêt un caractère purement indemnitaire, de sorte qu’il faut qu’existe un rapport raisonnable entre le coût ou la valeur du service fourni et le montant dû par le redevable. Lorsque le montant de la rétribution est plus élevé pour une certaine catégorie de redevables, ce montant plus élevé doit être justifié par une prestation de services supérieure à l’égard de cette catégorie.
B.6.5. Les casinos proposent non seulement des jeux automatiques, mais également des jeux de table. Dans les salles de jeux automatiques, seuls les jeux automatiques sont autorisés. Il peut raisonnablement être admis que la mission de la Commission des jeux de hasard, notamment en ce qui concerne le contrôle de l’application et du respect de la réglementation concernée, exige plus de moyens et de personnel vis-à-vis des établissements de jeux de hasard de classe I que vis-à-vis des établissements de jeux de hasard de classe II. Eu égard au caractère et à la diversité des jeux de hasard proposés dans les casinos, le montant plus élevé de la rétribution pour une licence de classe A, par rapport au montant de la rétribution pour une licence de classe B, n’est pas sans justification raisonnable.
En règle générale, les casinos exploitent nettement plus d’appareils automatiques que les salles de jeux automatiques, qui ne peuvent proposer qu’un nombre limité d’appareils. Par conséquent, la rétribution supplémentaire par appareil est elle aussi raisonnablement justifiée, eu égard à la plus grande taille des casinos.
Cependant, aucun élément ne fait apparaître qu’en ce qui concerne les licences supplémentaires de classes A+ et B+, qui sont nécessaires pour exploiter des jeux de hasard en ligne, la Commission des jeux de hasard fournit aux casinos une prestation de services supérieure aux services fournis aux salles de jeux automatiques. La différence relative aux montants de la rétribution pour ces licences n’est donc pas raisonnablement justifiée.
Dans cette mesure, le moyen est fondé.
la Cour
– annule l’article 1er, § 1er, de l’arrêté royal du 20 décembre 2016 « relatif à la contribution aux frais de fonctionnement, de personnel et d’installation de la Commission des jeux de hasard due par les titulaires de licence de classe A, A+, B, B+, C, E, F1, F1+, F2, G1 et G2 pour l’année civile 2017 », tel qu’il a été confirmé par la loi du 21 juillet 2017, en ce que le montant de la contribution pour une licence de classe A+ dépasse le montant de la contribution pour une licence de classe B+;
– rejette les recours pour le surplus.

Droit des marchés publics et contrats publics :

*Introduction de recours à la Cour constitutionnelle
-Avis prescrit par l’article 74 de la loi spéciale du 6 janvier 1989
Par arrêt n° 244.049 du 28 mars 2019, dont l’expédition est parvenue au greffe de la Cour le 4 avril 2019, le Conseil d’Etat a posé les questions préjudicielles suivantes :
« 1. L’article 14, § 1er, alinéa 1er, 2°, des lois sur le Conseil d’Etat, coordonnées le 12 janvier 1973, interprété comme limitant ‘ les actes relatifs aux marchés publics ‘, aux actes qui, émanant d’un pouvoir adjudicateur ou accompli pour le compte de celui-ci, visent de manière directe ou indirecte à la conclusion d’un contrat à titre onéreux avec un ou plusieurs entrepreneurs, fournisseurs ou prestataires de services et comme excluant de la notion ‘ d’actes relatifs aux marchés publics ‘, les actes par lesquels un pouvoir adjudicateur empêche un prestataire de services de participer à une procédure de marché public afin de conclure un contrat à titre onéreux, tel le retrait par un chef de juridiction d’un traducteur de la liste des personnes agréées en cette qualité auprès de son tribunal au sein de laquelle le pouvoir adjudicateur choisit les prestataires de services avec lesquels des contrats à titre onéreux sont conclus pour la prestation de services de traduction, viole-t-il les articles 10 et 11 de la Constitution en [ce] que cette disposition prive le prestataire de services précité de la possibilité de contester devant le Conseil d’Etat un tel acte qui l’empêche de bénéficier d’un marché public de services de traduction alors que les actes par lesquels un pouvoir adjudicateur vise à la conclusion d’un marché public peuvent faire l’objet d’un recours devant le Conseil d’Etat ?
2. La loi du 15 juillet [lire : juin] 2006 relative aux marchés publics et à certains marchés de travaux, de fournitures et de services, viole-t-elle les articles 10 et 11 de la Constitution créant ainsi une discrimination par le traitement différent de deux situations comparables, en tant qu’elle serait interprétée comme s’appliquant à une autorité administrative qui est appelée à désigner un traducteur ou un interprète ou à établir une liste de traducteurs/interprètes dans laquelle elle peut faire choix d’un prestataire dans un cas déterminé et comme ne s’appliquant pas à un organe du pouvoir judiciaire qui est appelé à désigner un traducteur ou interprète ou à établir une liste de traducteurs/interprètes dans laquelle les autorités judiciaires et policières peuvent faire choix d’un prestataire dans un cas déterminé ?
3. La loi du 15 juillet [lire : juin] 2006 relative aux marchés publics et à certains marchés de travaux, de fournitures et de services, viole-t-elle les articles 10 et 11 de la Constitution en tant qu’elle serait interprétée comme imposant à tous les pouvoirs adjudicateurs au sens de son article 2, 1°, a) et d), de passer un marché de service de traduction ou d’interprétation dans le respect des dispositions de la loi, sauf à un président de tribunal de première instance ou à tout autre organe du pouvoir judiciaire au motif qu’ils font partie de ce pouvoir alors que l’article 2, 1°, a) et d), ne prévoit pas une telle exception ? ».
-Par jugement du 25 avril 2019, dont l’expédition est parvenue au greffe de la Cour le 7 mai 2019, le Tribunal de première instance de Liège, division Liège, a posé la question préjudicielle suivante :
« Les articles 14 et 24 de la loi du 17 juin 2013 relative à la motivation, à l’information et aux voies de recours en matière de marchés publics, de certains marchés de travaux, de fournitures et de services et de concessions, violent-ils les articles 10, 11 et 13 de la Constitution, lus isolément ou en combinaison avec l’article 160 de la Constitution et avec le principe général de la séparation des pouvoirs s’ils sont interprétés comme confiant au juge judiciaire le pouvoir d’annuler une décision prise en matière de marchés publics par une société de droit privé créée par les pouvoirs publics ou à leur initiative ou avec leur concours, et en tout cas sous leur contrôle de droit ou de fait, et à qui est confiée une mission d’intérêt général comme la gestion d’un aéroport régional, même si ces sociétés peuvent par ailleurs prendre unilatéralement des décisions liant les tiers lorsque l’acte attaqué ne ressortit pas à ce dernier pouvoir, alors que le même recours pris contre le même acte adopté dans le même contexte et avec le même effet par un service public au sens organique du terme sera confié au Conseil d’Etat ? ».
Cette affaire est inscrite sous le numéro 7170 du rôle de la Cour

Droit de l’urbanisme, de l’environnement et des biens publics :

*textes légaux et règlementaires
-12 MAI 2019. – Arrêté royal modifiant l’annexe de l’arrêté royal du 15 juin 2006 visant à l’approbation des statuts d’APETRA
– 4 AVRIL 2019. – Arrêté du Gouvernement wallon modifiant l’arrêté du Gouvernement wallon du 19 juillet 2007 concernant les transferts de déchets
– 16 MAI 2019. – Ordonnance relative à l’exploitation et à la sécurité des tunnels routiers
– 16 MAI 2019. – Ordonnance relative au Contrat Ecole
-16 MAI 2019. – Ordonnance modifiant l’Ordonnance du 2 mai 2013 portant le Code bruxellois de l’Air, du Climat et de la Maîtrise de l’Energie en vue de réduire les pollutions causées par les véhicules en stationnement dont le moteur n’est pas arrêté
-16 MAI 2019. – Ordonnance modifiant l’ordonnance du 20 octobre 2006 établissant un cadre pour la politique de l’eau

-14 MARS 2019. – Arrêté du Gouvernement wallon déterminant les modalités de notification du droit de préemption attribué à la Région wallonne conformément à l’article D.358 du Code wallon de l’Agriculture

*Introduction de recours à la Cour constitutionnelle
-Avis prescrit par l’article 74 de la loi spéciale du 6 janvier 1989
Par requête adressée à la Cour par lettre recommandée à la poste le 6 mai 2019 et parvenue au greffe le 7 mai 2019, un recours en annulation des articles 4 et 8 du décret de la Région wallonne du 18 octobre 2018 « modifiant, d’une part, le décret du 25 mai 1983 modifiant, en ce qui regarde le Conseil économique régional pour la Wallonie, la loi cadre du 15 juillet 1970 portant organisation de la planification et de la décentralisation économique et instaurant un Conseil économique et social de Wallonie et, d’autre part, le décret du 6 novembre 2008 portant rationalisation de la fonction consultative » (publié au Moniteur belge du 8 novembre 2018) a été introduit par l’ASBL « Inter-Environnement Wallonie » et l’ASBL « Réseau Information et Diffusion en Education à l’Environnement ».

*Décisions de jurisprudence
– CC, 80/2019, B.3.5. Une enquête publique, au cours de laquelle le public concerné a la possibilité de faire connaître ses points de vue, observations ou objections, est en outre toujours requise dans le cadre de la procédure d’autorisation ordinaire (article 23 du décret du 25 avril 2014 relatif au permis d’environnement).
L’enquête publique donne au public concerné une possibilité de participation qui offre une garantie pour la sauvegarde du droit à la protection d’un environnement sain et à un bon aménagement du territoire (article 23, alinéa 3, 4°, de la Constitution). Par ailleurs, le demandeur du permis et les membres du public concernés peuvent introduire un recours administratif et ils ont, en tant qu’auteurs d’un recours, le droit d’être entendus.
B.3.6. Le « permis d’environnement pour le lotissement de terrains » en particulier n’est en outre pas seulement créateur de droits et d’obligations pour les acquéreurs des biens lotis : il revêt aussi un caractère réglementaire. Il a de ce point de vue une valeur équivalente à celle d’un plan d’exécution spatial en ce qu’il a pour fonction non seulement de protéger les acquéreurs et les communes, mais aussi de sauvegarder l’intérêt général par un bon aménagement du territoire.
B.3.7. La disposition attaquée a pour conséquence qu’il n’est plus obligatoire d’obtenir un « permis d’environnement pour le lotissement de terrains » pour diviser une parcelle en un lot bâti et un lot non bâti. Il est ainsi possible de contourner, sans limitation quant à la superficie des parcelles ou à leur nombre, l’obligation d’autorisation et toutes les garanties qui en découlent pour l’environnement et le bon aménagement du territoire, en divisant artificiellement, en plusieurs phases, ce qui constitue en réalité un grand lotissement.
B.3.8. Par conséquent, les riverains de telles parcelles sont confrontés à un recul significatif du degré de protection offert par l’ancienne législation, qui ne peut être justifié par l’objectif de simplification administrative qui fonde la disposition attaquée, tel qu’il est mentionné en B.1.2.
Le second moyen, en sa première branche, est fondé.
B.3.9. Les autres griefs ne pouvant conduire à une annulation plus ample, il n’y a pas lieu de les examiner.
Par ces motifs,
la Cour
annule l’article 52, 4°, du décret de la Région flamande du 8 décembre 2017 « modifiant diverses dispositions en matière d’aménagement du territoire, d’écologie, d’environnement et d’aménagement du territoire ».

Droit de la fonction publique :

*textes légaux et règlementaires
-16 MAI 2019. – Arrêté du Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale modifiant l’arrêté du Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale du 21 mars 2018 portant le statut administratif et pécuniaire des agents des services publics régionaux de Bruxelles
-8 MAI 2019. – Loi modifiant la loi du 15 septembre 2013 relative à la dénonciation d’une atteinte suspectée à l’intégrité au sein d’une autorité administrative fédérale par un membre de son personnel
-20 JUIN 2019. – Arrêté royal modifiant la position juridique pécuniaire du personnel des services de police

*Introduction de recours à la Cour constitutionnelle et au Conseil d’Etat
– Avis prescrit par l’article 3quater de l’arrêté du Régent du 23 août 1948 déterminant la procédure devant la section du contentieux administratif du Conseil d’Etat
La CSC-Services Publics a demandé l’annulation de l’article 3, § 4, de l’arrêté royal du 7 décembre 2018 relatif à l’application du travail intérimaire dans certains services fédéraux, dans les entreprises publiques et HR Rail en exécution de l’article 48 de la loi du 24 juillet 1987 sur le travail temporaire, le travail intérimaire et la mise de travailleurs à la disposition d’utilisateurs.
Cet arrêté a été publié au Moniteur belge du 14 janvier 2019.
Cette affaire est inscrite au rôle sous le numéro G/A. 227.707/VIII-11117.
-Avis prescrit par l’article 3quater de l’arrêté du Régent du 23 août 1948 déterminant la procédure devant la section du contentieux administratif du Conseil d’Etat
La centrale générale des services publics (C.G.S.P.) a demandé l’annulation de l’arrêté royal du 3 février 2019 pris en exécution de l’article 14, alinéa 5, de la loi du 9 juillet 1969 modifiant et complétant la législation relative aux pensions de retraite et de survie des agents du secteur public, pour la péréquation des pensions à partir du ler janvier 2019.
Cet arrêté a été publié au Moniteur belge du 8 février 2019.
Cette affaire est inscrite au rôle sous le numéro G/A 227.825/VIII-11.126.
-Avis prescrit par l’article 74 de la loi spéciale du 6 janvier 1989
Par jugement du 30 janvier 2019, dont l’expédition est parvenue au greffe de la Cour le 11 avril 2019, le Tribunal de première instance de Liège, division Verviers, a posé la question préjudicielle suivante :
« L’article 14, § 3, de la loi du 3 juillet 1967, interprété comme permettant à un assureur facultatif, subrogé dans les droits d’un employeur public, de réclamer au tiers responsable le remboursement d’un capital représentatif des rentes futures calculé librement par cet assureur facultatif sans que ce calcul ne soit effectué de manière objective sur base de dispositions légales et sans que ce calcul ne tienne compte de ce que, en cas de décumul justifié par l’arrivée à la pension de l’agent, l’assureur facultatif ne devra plus verser la totalité de la rente mais bien une rente réduite, ce qui lui permettrait de s’enrichir par l’exercice du recours subrogatoire, ne viole-t-il pas les articles 10 et 11 de la Constitution en ce qu’il instaure une différence de traitement injustifiable entre :
– le tiers responsable d’un accident du travail survenu dans le secteur privé devant faire face à la demande de l’assureur-loi calculée selon des normes contraignantes (articles 47 et suivants de la loi du 10 avril 1971) et sans qu’il y ait de diminution de la rente versée par l’assureur-loi lors de l’arrivée à la pension de l’agent;
– le tiers responsable d’un accident du travail survenu dans le secteur public, devant faire face à une demande calculée par l’employeur public ou son assureur facultatif en l’absence de normes contraignantes et sans que ce calcul ne tienne compte du fait que la rente versée sera réduite lors de l’arrivée à la pension de l’agent ? ».
Cette affaire est inscrite sous le numéro 7161 du rôle de la Cour.

Droit hospitalier et médical :

*textes légaux et règlementaires
– 17 MAI 2019. – Arrêté royal modifiant l’arrêté royal du 25 avril 2002 relatif à la fixation et à la liquidation du budget des moyens financiers des hôpitaux
-Règles interprétatives de la nomenclature des prestations de santé. – M.B. 2019-06-20

*Introduction de recours à la Cour constitutionnelle et au Conseil d’Etat

– Avis prescrit par l’article 3quater de l’arrêté du Régent du 23 août 1948 déterminant la procédure devant la section du contentieux administratif du Conseil d’Etat
L’UNIVERSITAIR ZIEKENHUIS ANTWERPEN et la VRIJE UNIVERSITEIT BRUSSEL, ainsi que l’A.S.B.L. CONFERENCE DES HOPITAUX ACADEMIQUES DE BELGIQUE, ayant toutes élu domicile chez Me Stefaan CALLENS, avocat, ayant son cabinet à 1040 Bruxelles, avenue de Tervueren 40, ont demandé le 21 février 2019, par deux requêtes distinctes, l’annulation de l’arrêté royal du 12 décembre 2018 modifiant l’arrêté royal du 25 avril 2002 relatif à la fixation et à la liquidation du budget des moyens financiers des hôpitaux.
Cet arrêté a été publié au Moniteur belge du 24 décembre 2018.
Ces affaires sont inscrites au rôle sous les numéros G/A. 227.491/VII-40.496 et G/A. 227.493/VII-40.497.
– Avis prescrit par l’article 74 de la loi spéciale du 6 janvier 1989
a. Par requête adressée à la Cour par lettre recommandée à la poste le 17 mai 2019 et parvenue au greffe le 20 mai 2019, un recours en annulation de l’article 3, 2°, de la loi du 7 avril 2019 modifiant la loi du 25 mars 1964 sur les médicaments en ce qui concerne les indisponibilités de médicaments (publiée au Moniteur belge du 8 mai 2019) a été introduit par la SPRL « TOBUFAR » et la SA « DISTRIPHAR ».
Par requête adressée à la Cour par lettre recommandée à la poste le 4 juin 2019 et parvenue au greffe le 6 juin 2019, les parties précitées ont également introduit une demande de suspension de la même disposition.
b. Par requête adressée à la Cour par lettre recommandée à la poste le 21 mai 2019 et parvenue au greffe le 22 mai 2019, la SA « EURO-MEDIC » a introduit un recours en annulation et une demande de suspension de la même loi.
c. Par requête adressée à la Cour par lettre recommandée à la poste le 21 mai 2019 et parvenue au greffe le 22 mai 2019, la SPRL « ECO.PHARMA.SUPPLY » a introduit un recours en annulation et une demande de suspension de la même loi.
d. Par requête adressée à la Cour par lettre recommandée à la poste le 21 mai 2019 et parvenue au greffe le 22 mai 2019, la SA « BELDIMED » a introduit un recours en annulation et une demande de suspension de la même loi.
e. Par requête adressée à la Cour par lettre recommandée à la poste le 21 mai 2019 et parvenue au greffe le 22 mai 2019, la SPRL « NADIMED » a introduit un recours en annulation et une demande de suspension de la même loi.
f. Par requête adressée à la Cour par lettre recommandée à la poste le 21 mai 2019 et parvenue au greffe le 22 mai 2019, la SPRL « GRACOPA » a introduit un recours en annulation et une demande de suspension de la même loi.
g. Par requête adressée à la Cour par lettre recommandée à la poste le 21 mai 2019 et parvenue au greffe le 22 mai 2019, la SPRL « IC PHARMA » a introduit un recours en annulation et une demande de suspension de la même loi.
h. Par requête adressée à la Cour par lettre recommandée à la poste le 28 mai 2019 et parvenue au greffe le 29 mai 2019, un recours en annulation et une demande de suspension de l’article 3, 2°, de la même loi ont été introduits par Mukendi Kabeya, Richard Neci Cizungi, Gauthier Unzola Bangala, Annic Marie Gryson, Gaston Imanishimwe, Giancarlo Davite, la SPRL « Pharmacie La Noblesse » et Kahindo Wasukundi.
Ces affaires, inscrites sous les numéros 7178, 7182, 7183, 7184, 7185, 7186, 7187 et 7192 du rôle de la Cour, ont été jointes.
– Avis prescrit par l’article 3quater de l’arrêté du Régent du 23 août 1948 déterminant la procédure devant la section du contentieux administratif du Conseil d’Etat
L’A.S.B.L. UNION GENERALE DES INFIRMIERS DE BELGIQUE et Wouter DECAT, ayant élu domicile chez Me Sylvie Tack, avocat, ayant son cabinet à 8300 Knokke-Heist, Natiënlaan 237, ont demandé le 14 mai 2019 l’annulation de l’arrêté royal du 27 février 2019 modifiant l’arrêté royal du 12 janvier 2006 fixant les activités infirmières qui peuvent être effectuées par des aides-soignants et les conditions dans lesquelles ces aides-soignants peuvent poser ces actes.
Cet arrêté a été publié au Moniteur belge du 18 mars 2019.
Cette affaire est inscrite au rôle sous le numéro G/A. 228.109/ VII-40.546.

Droit administratif (5/2019)

Droit administratif général :

*textes légaux et règlementaires
-22 AVRIL 2019. – Révision de l’article 149 de la Constitution en ce qui concerne la publicité des jugements et des arrêts
-22 AVRIL 2019. – Loi modifiant la loi du 25 avril 2014 relative au statut et au contrôle des établissements de crédit et des sociétés de bourse en vue d’instaurer un serment bancaire et un régime disciplinaire
-10 AVRIL 2019. – Arrêté du Président du Comité de direction portant réorganisation des services opérationnels de l’Administration générale de la Perception et du Recouvrement
-29 MARS 2019. – Arrêté royal approuvant le contrat de gestion entre l’Etat et la société anonyme de droit public bpost relatif aux obligations de service postal universel pour la période 2019-2023
-19 MARS 2019. – Arrêté royal modifiant le programme de l’Ecole royale militaire pour l’année académique 2018-2019
-23 MARS 2019. – Loi modifiant la loi du 29 juin 1983 concernant l’obligation scolaire afin d’instaurer l’obligation scolaire à partir de l’âge de cinq ans
-7 AVRIL 2019. – Loi établissant un cadre pour la sécurité des réseaux et des systèmes d’information d’intérêt général pour la sécurité publique
-13 AVRIL 2019. – Loi modifiant l’article 25, § 1er, de la loi du 27 avril 2018 sur la police des chemins de fer
-25 AVRIL 2019. – Ordonnance relative à la réparation de certains dommages causés par des calamités publiques
-22 AVRIL 2019. – Loi visant à rendre plus accessible l’assurance protection juridique
-25 AVRIL 2019. – Ordonnance relative au bail commercial de courte durée
-14 MARS 2019. – Décret modifiant le décret du 22 décembre 1994 relatif à la publicité de l’Administration afin de renforcer le rôle de la Commission d’accès aux documents administratifs de la Communauté française
-13 AVRIL 2019. – Loi portant création d’un Code civil et y insérant un livre 8 « La preuve »
-29 MARS 2019. – Décret flamand relatif au transport particulier rémunéré
-5 MAI 2019. – Loi modifiant le Code d’instruction criminelle et le Code judiciaire en ce qui concerne la publication des jugements et des arrêts
-Déclaration de révision de la Constitution. – M.B. 2019-05-23
-2019-05-02 – Décret modifiant le Code wallon du Logement et de l’Habitat durable et le décret du 15 mars 2018 relatif au bail d’habitation. – M.B. 2019-05-28
-17 MAI 2019. – Loi interdisant le recours à des sociétés de gestion aux administrateurs publics

*Introduction de recours à la Cour constitutionnelle
-Avis prescrit par l’article 74 de la loi spéciale du 6 janvier 1989
Par deux jugements des 8 et 15 janvier 2019, dont les expéditions sont parvenues respectivement au greffe de la Cour les 27 février et 29 mars 2019, le Tribunal correctionnel du Hainaut, division Mons, a posé la question préjudicielle suivante : « L’article 4, § 3, de la loi du 19 mars 2017 instituant un fonds budgétaire relatif à l’aide juridique de deuxième ligne, en ce qu’il prévoit que chaque suspect, inculpé, accusé ou personne civilement responsable du délit qui est condamné par une juridiction pénale est condamné au paiement d’une contribution audit fonds, de même que la partie civile qui succombe après avoir pris l’initiative de la citation directe ou lorsqu’une enquête a été ouverte à la suite de son action en tant que partie civile, alors qu’il ne prévoit pas une telle mesure à l’égard de la partie intervenante volontaire ou de la partie intervenante forcée qui, par exemple, succombant sur son appel, serait condamnée aux frais d’appel envers l’Etat, sachant que l’article 162 du Code d’instruction criminelle dispose que lesdits frais comprennent cette contribution, ne viole-t-il pas les articles 10 et 11 de la Constitution ? ». Ces affaires, inscrites sous les numéros 7131 et 7151 du rôle de la Cour, ont été jointes à l’affaire portant le numéro 7080 du rôle.
-Avis prescrit par l’article 74 de la loi spéciale du 6 janvier 1989. Par deux arrêts, nos 243.839 et 243.838, du 28 février 2019, dont les expéditions sont parvenues au greffe de la Cour le 14 mars 2019, le Conseil d’Etat a posé la question préjudicielle suivante :
« Les articles 285 et 288 du décret du 11 avril 2014 réglementant les titres et fonctions dans l’enseignement fondamental et secondaire organisé et subventionné par la Communauté française violent-ils les articles 10 et 11 de la Constitution en ce qu’ils permettent aux membres du personnel temporaires prioritaires au sens de l’article 24 du décret du 6 juin 1994 fixant le statut des membres du personnel subsidiés de l’enseignement officiel subventionné disposant d’un titre requis ou d’un titre suffisant A à la veille de l’entrée en vigueur du présent décret de conserver la possibilité d’être nommés, engagés à titre définitif ainsi que désignés en qualité de temporaires prioritaires ou protégés dans les conditions statutaires prévalant avant l’entrée en vigueur du décret (1er septembre 2016) et plus précisément, en ce qu’ils permettent donc que, pour les désignations en cours pour l’année 2016-2017, les enseignants de l’enseignement officiel subventionné titulaires d’un diplôme d’agrégé de l’enseignement secondaire supérieur (AESS) en section éducation physique et les enseignants de l’enseignement officiel subventionné titulaires d’un diplôme d’agrégé de l’enseignement secondaire inférieur (AESI) en section éducation physique, continuent à être mis sur le même pied pour l’attribution des cours généraux d’éducation physique dans le degré supérieur de l’enseignement secondaire ? ». Ces affaires, inscrites sous les numéros 7142 et 7143 du rôle de la Cour, ont été jointes.
-Avis prescrit par l’article 74 de la loi spéciale du 6 janvier 1989. Par arrêt n° 243.866 du 1er mars 2019, dont l’expédition est parvenue au greffe de la Cour le 18 mars 2019, le Conseil d’Etat a posé la question préjudicielle suivante :
« L’article 21, alinéa 2, des lois coordonnées sur le Conseil d’Etat, viole-t-il le droit d’accès au juge consacré par l’article 13 de la Constitution lu en combinaison avec l’article 6.1 de la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, en ce qu’il prévoit une sanction disproportionnée à la lumière du but visé par le législateur, à savoir celui d’absorber l’arriéré au Conseil d’Etat, alors qu’il n’existe plus d’arriéré au Conseil d’Etat comme cela ressort explicitement des rapports annuels et d’activités des années 2012-2013, 2013-2014, 2014-2015 et 2015-2016 ? ». Cette affaire est inscrite sous le numéro 7144 du rôle de la Cour.

*Décisions de jurisprudence
-Extrait de l’arrêt n° 2/2019 du 23 janvier 2019, la Cour dit pour droit : Les articles 32quinquiesdecies et 32septiesdecies de la loi du 4 août 1996 relative au bien-être des travailleurs lors de l’exécution de leur travail violent les articles 10 et 11 de la Constitution, lus en combinaison avec l’article 6 de la Convention européenne des droits de l’homme, dans l’interprétation selon laquelle ils empêchent de faire en sorte que soit ordonnée, dans le cadre d’une procédure en justice et en application de l’article 877 du Code judiciaire, la production de pièces qui sont détenues par le conseiller en prévention et qui relèvent en principe du secret professionnel.
– Les mêmes dispositions ne violent pas les articles 10 et 11 de la Constitution, lus en combinaison avec l’article 6 de la Convention européenne des droits de l’homme, dans l’interprétation selon laquelle elles n’empêchent pas de faire en sorte que soit ordonnée, dans le cadre d’une procédure en justice et en application de l’article 877 du Code judiciaire, compte tenu de ce qui est dit en B.13.3, la production de pièces qui sont détenues par le conseiller en prévention et qui relèvent en principe du secret professionnel.
-Extrait de l’arrêt n° 5/2019 du 23 janvier 2019. Statut fiscal des intercommunales en RW (non violation)
Extrait de l’arrêt n° 8/2019 du 23 janvier 2019 – la Cour dit pour droit :
– L’article 31, § 1er, alinéas 3 et 4, de la loi du 24 juin 2013 relative aux sanctions administratives communales, interprété en ce sens que le juge de police ne peut réduire une amende administrative à un montant inférieur au montant fixé par la loi pour tenir compte de circonstances atténuantes, viole les articles 10 et 11 de la Constitution, lus en combinaison avec l’article 6 de la Convention européenne des droits de l’homme.
– La même disposition, interprétée en ce sens que [le juge de police peut réduire] une amende administrative à un montant inférieur au montant fixé par la loi pour tenir compte de circonstances atténuantes, ne viole pas les articles 10 et 11 de la Constitution.

 

Droit de l’urbanisme, de l’environnement et des biens publics :

*textes légaux et règlementaires
-5 AVRIL 2019. – Loi portant modification de la loi du 15 avril 1994 relative à la protection de la population et de l’environnement contre les dangers resultant des rayonnements ionisants et relative à l’Agence fédérale de Controle nucleaire concernant la cybersecurité nucleaire
-25 AVRIL 2019. – Arrêté du Gouvernement de la Région de Bruxelles Capitale relatif au transport commercial d’animaux
-26 AVRIL 2019. – Décret portant modification du Décret sur l’Energie du 8 mai 2009, en ce qui concerne le CPAS comme promoteur de l’utilisation rationnelle de l’énergie et de l’utilisation de sources d’énergie renouvelables
-14 MARS 2019. – Décret visant à renforcer la gratuité d’accès à l’enseignement
-22 AVRIL 2019. – Loi portant modification de la loi du 15 avril 1994 relative à la protection de la population et de l’environnement contre les dangers résultant des rayonnements ionisants et relative à l’Agence fédérale de Contrôle nucléaire

-7 AVRIL 2019. – Arrêté royal portant modification de l’annexe 3 à l’arrêté royal du 2 novembre 2017 relatif au transport des marchandises dangereuses par chemin de fer, à l’exception des matières explosibles et radioactives

*Introduction de recours à la Cour constitutionnelle
Avis prescrit par l’article 74 de la loi spéciale du 6 janvier 1989
a. Par requête adressée à la Cour par lettre recommandée à la poste le 1er avril 2019 et parvenue au greffe le 2 avril 2019, un recours en annulation et une demande de suspension des articles D.57, § 1er, et D.105, § 1er, 18°, contenus dans l’article 1er du décret de la Région wallonne du 4 octobre 2018 relatif au Code wallon du Bien-être des animaux, ainsi que de l’article 26 du même décret (publié au Moniteur belge du 31 décembre 2018) ont été introduits par Rabah Bouazza, l’ASBL « Mosquée Arrahma – Association de foi et pratique de la religion islamique de Marchienne-au-Pont », l’ASBL « Assakina », l’ASBL « Association de Foi et Pratique de la Religion islamique de Charleroi », l’ASBL « association de foi et de pratique de la religion islamique », l’ASBL « Mosquée At-Touba », l’ASBL « Verli » et la SPRL « Goraya ».
b. Par requête adressée à la Cour par lettre recommandée à la poste le 1er avril 2019 et parvenue au greffe le 3 avril 2019, un recours en annulation et une demande de suspension des articles D.4, § 1er, 2°, 16° et 26°, D.57 et D.59, contenus dans l’article 1er du même décret, ainsi que de son article 26, ont été introduits par Albert Guigui, Pinkas Kornfeld, Nissan Haim Roth et le « Consistoire Central Israélite de Belgique ». Ces affaires, inscrites sous les numéros 7154 et 7155 du rôle de la Cour, ont été jointes.
-Avis prescrit par l’article 74 de la loi spéciale du 6 janvier 1989
Par arrêt n° 243.911 du 7 mars 2019, dont l’expédition est parvenue au greffe de la Cour le 21 mars 2019, le Conseil d’Etat a posé la question préjudicielle suivante :
« L’article 112 du décret du 20 juillet 2016 abrogeant le décret du 27 avril 2014 abrogeant les articles 1er à 128 et 129quater à 184 du Code wallon de l’Aménagement du Territoire, de l’Urbanisme, du Patrimoine et de l’Energie, abrogeant les articles 1er à 128 et 129quater à 184 du Code wallon de l’Aménagement du Territoire, de l’Urbanisme et du Patrimoine et formant le Code du Développement territorial, et […] l’article D.IV.110 du Code du développement territorial violent[-ils] les articles 10, 11 et 23 de la Constitution en ce que sont traités de manières différentes les demandeurs de permis d’urbanisme dont la demande a été déclarée complète après le 1er juin 2017 selon le fait que [leur] demande a été ou non introduite avant le 1er juin 2017 et ce même dans l’hypothèse où la demande a été introduite de manière non complète ou non conforme avant le 1er juin 2017, a été complétée après le 1er juin 2017 pour être déclarée complète est [lire : et] conforme aux dispositions applicables ? ». Cette affaire est inscrite sous le numéro 7149 du rôle de la Cour.

*Décisions de jurisprudence
-Extrait de l’arrêt n° 53/2019 du 4 avril 2019, la Cour, avant de statuer quant au fond, pose à la Cour de justice de l’Union européenne les questions préjudicielles suivantes :
1. L’article 26, paragraphe 2, premier alinéa, c), du règlement (CE) n° 1099/2009 du Conseil du 24 septembre 2009 sur la protection des animaux au moment de leur mise à mort doit-il être interprété en ce sens qu’il autorise les Etats membres, par dérogation à la disposition contenue dans l’article 4, paragraphe 4, de ce règlement et en vue de promouvoir le bien-être des animaux, à adopter des règles telles que celles qui sont contenues dans le décret de la Région flamande du 7 juillet 2017 « portant modification de la loi du 14 août 1986 relative à la protection et au bien-être des animaux, en ce qui concerne les méthodes autorisées pour l’abattage des animaux », règles qui prévoient, d’une part, une interdiction de l’abattage d’animaux sans étourdissement applicable également à l’abattage effectué dans le cadre d’un rite religieux et, d’autre part, un procédé d’étourdissement alternatif pour l’abattage effectué dans le cadre d’un rite religieux, fondé sur l’étourdissement réversible et sur le précepte selon lequel l’étourdissement ne peut entraîner la mort de l’animal ?
2. Si la première question préjudicielle appelle une réponse affirmative, l’article 26, paragraphe 2, premier alinéa, c), du règlement précité viole-t-il, dans l’interprétation exposée dans la première question, l’article 10, paragraphe 1, de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne ?
3. Si la première question préjudicielle appelle une réponse affirmative, l’article 26, paragraphe 2, premier alinéa, c), lu en combinaison avec l’article 4, paragraphe 4, du règlement précité viole-t-il, dans l’interprétation exposée dans la première question, les articles 20, 21 et 22 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, en ce qu’il ne prévoit, pour l’abattage d’animaux conformément à des méthodes particulières prescrites par des rites religieux, qu’une exception conditionnelle à l’obligation d’étourdir l’animal (article 4, paragraphe 4, juncto l’article 26, paragraphe 2), alors qu’il est prévu, pour la mise à mort d’animaux dans le cadre de la chasse, de la pêche et de manifestations culturelles et sportives, pour les raisons exposées dans les considérants du règlement, des dispositions selon lesquelles ces activités ne relèvent pas du champ d’application du règlement ou ne sont pas soumises à l’obligation d’étourdir l’animal lors de sa mise à mort (article 1, paragraphe 1, deuxième alinéa, et paragraphe 3) ?

 

Droit de la fonction publique :

*textes légaux et règlementaires
-5 AVRIL 2019. – Arrêté royal modifiant diverses dispositions relatives au statut des militaires
-13 AVRIL 2019. – Arrêté royal modifiant divers arrêtés royaux relatifs au personnel opérationnel des zones de secours
-PARLEMENT DE LA REGION DE BRUXELLES-CAPITALE Modifications au statut du personnel des services permanents du Parlement. – M.B. 2019-05-06

 

Droit hospitalier et médical :

*textes légaux et règlementaires
-15 FEVRIER 2019. – Décret relatif aux soins résidentiels
-25 AVRIL 2019. – Ordonnance portant des dispositions diverses en matière de santé, d’aide aux personnes et de prestations familiales
-22 AVRIL 2019. – Loi portant modification de la loi coordonnée du 10 mai 2015 relative à l’exercice de professions des soins de santé
-22 AVRIL 2019. – Loi relative à la qualité de la pratique des soins de santé
-5 MAI 2019. – Arrêté royal sur l’utilisation obligatoire de la prescription électronique de médicament pour des patients ambulants
-13 DECEMBRE 2018. – Décret concernant les offres pour personnes âgées ou dépendantes ainsi que les soins palliatifs

Loi favorisant l’accès à l’assurance protection juridique

La Chambre des Représentants vient d’adopter un projet de loi « visant à rendre plus accessible l’assurance protection juridique ».

Pour rappel, une assurance protection juridique vise à couvrir les frais d’avocats et les autres frais de justice (huissier, droits de greffe…) au cours d’un procès.

Concrètement, ce projet de loi accorde un avantage fiscal au preneur de l’assurance si le contrat de protection juridique respecte plusieurs conditions. Il n’empêche pas la conclusion de contrats qui ne répondraient pas à ces conditions mais dans ce cas, la loi ne sera pas applicable.

Détail important, les contrats visés par cette loi peuvent couvrir des litiges dans le domaine du droit administratif (article 7, 5°), ce qui n’est aujourd’hui que trop rarement le cas. Pour cette matière, le délai d’attente ne peut excéder un an (article 6, § 2). Par délai d’attente, il faut entendre « la période débutant à la date de prise d’effet du contrat et pendant laquelle la garantie de l’assureur n’est pas due ». Ce délai vise, en quelque sorte, à empêcher que quelqu’un de non couvert ne prenne une assurance qu’une fois le risque survenu ou en phase de survenir.

L’article 8 prévoit un plafond d’intervention de l’assurance au-delà duquel les frais de défense en justice restent à charge de l’assuré. Ce plafond est fixé par types de prestation de l’avocat (article 8, § 2). Cette sorte de barème des prestations de l’avocat devra encore être fixé par un arrêté d’exécution à venir.

L’article 11 du projet indique ainsi que « L’avocat peut s’engager  à  fixer  ses  honoraires  et  frais aux montants par prestation déterminés par le Roi. L’avocat informe clairement son client de son engagement à respecter ou non les montants par prestation fixés par le Roi et des conséquences qui y sont attachées. Il en informe également simultanément l’assureur de protection juridique du client ».

Cette loi constitue un pas important pour l’accès à la justice des classes moyennes (C’est en tout cas la volonté affichée : Doc. Parl., 543560/005, p. 4) mais il reste toutefois à déterminer si l’avantage fiscal accordé suffira à convaincre les justiciables de s’assurer. De plus, le plafond d’intervention par prestation d’avocat – qui devra encore être arrêté – devra être préparé avec le plus grand soin, afin de maintenir une couverture effective des honoraires. Il n’empêche qu’il pourrait permettre à une partie importante de la population d’accéder à une défense en justice à un coût raisonnable.

Droit administratif (04/2019)

Droit administratif général :

*textes légaux et règlementaires
-1er MARS 2019. – Décret flamand relatif à une politique du cirque
-23 MARS 2019. – Loi introduisant le Code des sociétés et des associations et portant des dispositions diverses
-14 MARS 2019. – Arrêté du Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale relatif à la gestion de la sécurité des systèmes de transport sur rails exploités par la Société des Transports intercommunaux de Bruxelles
-15 MARS 2019. – Décret flamand modifiant divers décrets relatifs à la politique économique, scientifique et d’innovation
-1er MARS 2019. – Loi modifiant la loi du 3 juillet 2005 relative aux droits des volontaires et d’autres dispositions légales en matière de volontariat
-22 MARS 2019. – Décret flamand portant les mesures temporaires en cas de retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne sans accord (Brexit)
-4 AVRIL 2019. – Décret wallon relatif à la formation professionnelle individuelle
– 13 AVRIL 2019. – Loi portant des dispositions diverses en matière de pension
– 28 MARS 2019. – Décret sur la nouvelle gouvernance culturelle
– 4 AVRIL 2019. – Ordonnance modifiant l’ordonnance du 28 mai 2015 créant un organisme d’intérêt public centralisant la gestion de la politique de prévention et de sécurité en Région de Bruxelles-Capitale

*Introduction de recours à la Cour constitutionnelle et au Conseil d’Etat
-Avis prescrit par l’article 74 de la loi spéciale du 6 janvier 1989
Par jugement du 21 février 2019, dont l’expédition est parvenue au greffe de la Cour le 4 mars 2019, le Tribunal de l’entreprise d’Anvers, division Anvers, a posé la question préjudicielle suivante :
« L’article III.26, § 2, [du Code de droit économique] viole-t-il les articles 10 et 11 de la Constitution en ce qu’il dispose que l’irrecevabilité qu’il instaure est couverte si elle n’est pas proposée avant toute autre exception ou moyen de défense par la ou les parties défenderesses et en ce que cela impliquerait que le juge ne puisse pas soulever d’office cette recevabilité [lire : irrecevabilité], qui est conçue comme un mécanisme visant à sanctionner le non-respect des possibilités de contrôle au regard du droit fiscal et du droit social, alors que les parties défenderesses à l’encontre desquelles a été introduite une action qui devrait être déclarée irrecevable pour une autre raison d’ordre public peuvent effectivement bénéficier du fait que le juge puisse soulever d’office cette irrecevabilité ? ».
Cette affaire est inscrite sous le numéro 7133 du rôle de la Cour.
– Avis prescrit par l’article 3quater de l’arrêté du Régent du 23 août 1948 déterminant la procédure devant la section du contentieux administratif du Conseil d’Etat et par l’article 7 de l’arrêté royal du 5 décembre 1991 déterminant la procédure en référé devant le Conseil d’Etat
XXX a demandé la suspension et l’annulation de l’arrêté ministériel du 21 décembre 2018 portant exécution de l’article 45 de l’arrêté royal du 23 mars 1998 relatif au permis de conduire, confiant l’appréciation de l’aptitude à conduire des conducteurs ou des candidats-conducteurs souffrant d’une diminution des aptitudes fonctionnelles à XXX .
Cet arrêté a été publié au Moniteur belge du 1er février 2019.
Cette affaire est inscrite au rôle sous le numéro G/A. 227.569/XV-4023.
– Avis prescrit par l’article 74 de la loi spéciale du 6 janvier 1989
Par jugement du 6 décembre 2018, dont l’expédition est parvenue au greffe de la Cour le 28 février 2019, le Tribunal correctionnel du Luxembourg, division Neufchâteau, a posé la question préjudicielle suivante :
« L’article 2 de la loi du 2 septembre 2018 modifiant notamment l’article 38, § 6, alinéa 1er, des lois coordonnées du 16 mars 1968 relatives à la police de la circulation routière, en ce que ne lui est attaché aucune disposition de droit transitoire, maintenant l’application de l’article 38, § 6, alinéa 1er, des lois coordonnées relatives à la police de la circulation routière, tel qu’il avait été établi par la loi du 6 mars 2018, aux prévenus ayant commis des faits avant l’entrée en vigueur de cette loi du 6 mars 2018 mais jugés après l’entrée en vigueur de la loi du 2 septembre 2018, viole-t-il les articles 10 et 11 de la Constitution ? ».
– Avis prescrit par l’article 74 de la loi spéciale du 6 janvier 1989
Par jugement du 19 février 2019, dont l’expédition est parvenue au greffe de la Cour le 22 février 2019, le Tribunal de police du Hainaut, division Charleroi, a posé la question préjudicielle suivante :
« Une différence de traitement entre l’occupant d’un véhicule automoteur blessé lors d’un accident de la circulation survenu le 30/04/2005, à qui il est imposé, pour l’application de l’article 29bis de la loi du 21/11/1989 relative à l’assurance obligatoire de la responsabilité en matière de véhicules automoteurs, de prouver sa qualité de passager pour être indemnisé par l’assureur dudit véhicule alors qu’il est impossible de déterminer lequel des deux occupants en était le conducteur, d’une part, et les tiers lésés lors d’un accident de la circulation alors qu’il est impossible d’en déterminer le responsable bien que tous les conducteurs en cause et, partant, leurs assureurs soient connus lesquels sont indemnisés en application de l’article 19bis-11, § 2 de la loi du 21/11/1989, tel qu’interprété avant son abrogation par la loi du 31/05/2017, d’autre part, est-elle justifiée au regard des articles 10 et 11 de la Constitution ? ».
Cette affaire est inscrite sous le numéro 7128 du rôle de la Cour.
– Avis prescrit par l’article 74 de la loi spéciale du 6 janvier 1989
Par requête adressée à la Cour par lettre recommandée à la poste le 13 mars 2019 et parvenue au greffe le 14 mars 2019, un recours en annulation de l’article 5 de la loi du 30 juillet 2018 portant création de cellules de sécurité intégrale locales en matière de radicalisme, d’extrémisme et de terrorisme (publiée au Moniteur belge du 14 septembre 2018) a été introduit par xxx
Cette affaire est inscrite sous le numéro 7141 du rôle de la Cour.

*Décisions de jurisprudence
-Extrait de l’arrêt no 44/2019 du 14 mars 2019
Numéros du rôle : 6805, 6807 et 6808
Annulation partielle de la loi imposant la dénonciation positive par les assistants sociaux en matière de terrorisme

Droit des marchés publics et contrats publics :

*textes légaux et règlementaires
-1er MARS 2019. – Loi modifiant la loi du 7 décembre 1998 organisant un service de police intégré, structuré à deux niveaux et la loi modifiant la loi du 15 mai 2007 relative à la sécurité civile, en vue de préciser les règles de compétence en matière de marchés publics applicables aux zones de police et aux zones de secours
– 7 AVRIL 2019. – Loi modifiant la loi du 17 juin 2016 relative aux marchés publics, la loi du 17 juin 2016 relative aux contrats de concession, la loi du 13 août 2011 relative aux marchés publics et à certains marchés de travaux, de fournitures et de services dans les domaines de la défense et de la sécurité et modifiant la loi du 4 mai 2016 relative à la réutilisation des informations du secteur public

*Introduction de recours à la Cour constitutionnelle
-Avis prescrit par l’article 74 de la loi spéciale du 6 janvier 1989
Par requête adressée à la Cour par lettre recommandée à la poste le 18 mars 2019 et parvenue au greffe le 19 mars 2019, un recours en annulation de l’article 4, § 2, 21°, alinéa 3, du décret de la Région wallonne du 19 janvier 2017 relatif à la méthodologie tarifaire applicable aux gestionnaires de réseau de distribution de gaz et d’électricité, inséré par l’article 168, 3°, du décret-programme du 17 juillet 2018 « portant des mesures diverses en matière d’emploi, de formation, d’économie, d’industrie, de recherche, d’innovation, de numérique, d’environnement, de transition écologique, d’aménagement du territoire, de travaux publics, de mobilité et de transports, d’énergie, de climat, de politique aéroportuaire, de tourisme, d’agriculture, de nature, de forêt, des pouvoirs locaux et de logement » (publié au Moniteur belge du 8 octobre 2018) a été introduit par xxx.
Cette affaire est inscrite sous le numéro 7146 du rôle de la Cour.
– Avis prescrit par l’article 74 de la loi spéciale du 6 janvier 1989
Par arrêt n° 243.695 du 15 février 2019, dont l’expédition est parvenue au greffe de la Cour le 26 février 2019, le Conseil d’Etat a posé la question préjudicielle suivante :
« L’article 14, § 1er, alinéa 1er, 2°, des lois sur le Conseil d’Etat, coordonnées le 12 janvier 1973, en tant qu’il exclut les recours formés contre les décisions de la Commission de protection de la vie privée autres que celles relatives aux marchés publics et aux membres de son personnel, viole-t-il les articles 10 et 11 de la Constitution, en ce qu’il prive, par-là, les destinataires de ces décisions du droit d’en solliciter l’annulation devant le Conseil d’Etat, alors que les destinataires des décisions des autorités visées à l’article 14, § 1er, alinéa 1er, 1°, des lois sur le Conseil d’Etat, coordonnées le 12 janvier 1973, peuvent introduire auprès de celui-ci un recours contre les décisions de ces autorités administratives ? ».
Cette affaire est inscrite sous le numéro 7130 du rôle de la Cour.

*Décisions de jurisprudence
– Extrait de l’arrêt n° 160/2018 du 22 novembre 2018
Numéros du rôle : 6797 et 6800 : La Cour dit pour droit :
Dans l’interprétation selon laquelle la sanction d’irrecevabilité qu’il prévoit n’est pas applicable à une action intentée par voie de requête contradictoire, l’article III.26 du Code de droit économique viole les articles 10 et 11 de la Constitution.
Dans l’interprétation selon laquelle la sanction d’irrecevabilité qu’il prévoit est également applicable à une action intentée par voie de requête contradictoire, l’article III.26 du Code de droit économique ne viole pas les articles 10 et 11 de la Constitution.

Droit de l’urbanisme, de l’environnement et des biens publics :

*textes légaux et règlementaires
-28 FEVRIER 2019. – Arrêté du Gouvernement wallon portant exécution de la procédure de sortie du statut de déchet prévue à l’article 4ter du décret du 27 juin 1996 relatif aux déchets et modifiant l’arrêté du Gouvernement wallon du 14 juin 2001 favorisant la valorisation de certains déchets

Droit de la fonction publique :

*textes légaux et règlementaires
-23 MARS 2019. – Loi concernant l’organisation des services pénitentiaires et le statut du personnel pénitentiaire

 

Droit hospitalier et médical :

*textes légaux et règlementaires
-14 FEVRIER 2019. – Décret relatif à l’aide aux aînés et portant modification du Livre V du Code wallon de l’Action sociale et de la Santé
-1er AVRIL 2019. – Loi portant des dispositions en matière de remboursement des spécialités pharmaceutiques ainsi que de frais d’administration, d’efficacité et de transparence des organismes assureurs
-28 FEVRIER 2019. – Décret portant assentiment à l’accord de coopération du 31 décembre 2018 entre la Communauté flamande, la Région wallonne, la Communauté française, la Commission communautaire commune, la Commission communautaire française et la Communauté germanophone concernant le financement des soins en cas de recours à des institutions de soins en dehors des limites de l’entité fédérée
-27 FEVRIER 2019. – Arrêté royal modifiant l’arrêté royal du 19 mars 2013 pour parvenir à une utilisation des produits phytopharmaceutiques et adjuvants compatible avec le développement durable
-27 FEVRIER 2019. – Arrêté royal relatif à la profession d’orthoptiste-optométriste

Fiscalité :

*textes légaux et règlementaires
– 13 AVRIL 2019. – Loi introduisant le Code du recouvrement amiable et forcé des créances fiscales et non fiscales

Police communale, police des mœurs

Dans son arrêt n° 244.075 du 1er avril 2019, le Conseil d’Etat a annulé l’article 2 du règlement de police du conseil communal de Saint-Josse-ten-Noode relatif à la prostitution en vitrine, adopté le 28 mai 2018 et qui visait à largement encadrer, voire interdire, la pratique de la prostitution en vitrine sur son territoire.

La police administrative générale appartient aux Communes, ce qui leur permet de statuer sur la question du respect de la sécurité, de la tranquillité et de la salubrité publiques (article 135 de la Nouvelle loi communale, ci-après « NLC »). Sur cette base, les Communes peuvent adopter des mesures de contrainte vis-à-vis des citoyens et limiter leurs droits d’autant afin de faire respecter l’ordre public. Par exemple, la détention de certains animaux peut être interdite, l’exercice de certaines activités sur le domaine public peut être réglementé, etc. Aux siècles passés, la Commune a pu, sur base de son pouvoir de police administrative générale imposer un type d’éclairage public (sécurité publique sur la voirie) ou imposer le raccordement à l’eau (salubrité publique), comme l’a par exemple démontré M. YERNAULT dans sa thèse de doctorat. Aujourd’hui, il faut signaler que nombre de compétences qui appartenaient aux Commune sur base de la police administrative générale sont passées à d’autres autorités publiques en raison de lois, de décrets ou d’ordonnances particulières.

Au sein de la Commune, différents organes sont compétents pour adopter des mesures de police administrative générale : le Bourgmestre peut adopter les mesures individuelles de contrainte, comme la fermeture d’un café (articles 134 et suivants de la NLC) et les règlements généraux de police sont de la compétence du Conseil communal (article 119 de la NLC). Le Collège des Bourgmestre et Echevins (ou le Collège communal en Région wallonne) conserve, quant à lui, la compétence de la police des spectacles (article 130 de la NLC).

L’acte attaqué devant le Conseil d’Etat était un règlement, adopté par le Conseil communal. S’agissant de la règlementation de la prostitution, l’acte attaqué s’appuyait sur une base légale plus particulière que les règles de bases de la police administrative générale mentionnées ci-dessus, à savoir l’article 121 de la NLC qui dispose que :

« Des règlements complémentaires de la loi du 21 août 1948 supprimant la réglementation officielle de la prostitution peuvent être arrêtés par les conseils communaux, s’ils ont pour objet d’assurer la moralité ou la tranquillité publique ».

Le règlement adopté sur cette base peut donc, d’une certaine manière, être plus large qu’une mesure ordinaire de police générale : il peut en effet viser la protection de la moralité publique, ce qui est n’est pas possible en recourant à l’article 135 de la NLC. Il est toutefois plus étroit à d’autres égards puisque ce règlement doit tenir compte de la loi du 21 août 1948 qui vise à supprimer la règlementation de la prostitution. S’agissant d’une loi visant à supprimer une règlementation, il est exclu que les Communes réintroduisent pareille limite : sa règlementation doit donc rester accessoire à l’activité de la prostitution.

Dans l’arrêt commenté, le Conseil d’Etat rappelle justement ces quelques principes, et indique d’abord que :

« Les autorités publiques, et particulièrement communales, disposent d’un large pouvoir d’appréciation pour décider, en opportunité, si certains comportements sont à prohiber en vue de sauvegarder la tranquillité et la moralité publiques dans la mesure où l’article 121 de la Nouvelle loi communale leur impose d’y veiller ».

Il ajoute toutefois immédiatement que :

« une mesure de police préventive doit, même si elle s’avère nécessaire et efficace, être adaptée à la gravité du trouble auquel elle entend remédier. Il doit, dès lors, exister un rapport de proportionnalité entre l’atteinte à la liberté exercée et le trouble à éviter. Un règlement communal qui interdirait purement et simplement, ou rendrait exagérément difficile, l’exercice de la prostitution ne serait pas « complémentaire » de la loi du 21 août 1948 supprimant la réglementation officielle de la prostitution mais bien contraire à cette dernière. Si les autorités communales disposent d’une marge d’appréciation en ce qui concerne la moralité publique, elles ne peuvent adopter une démarche prohibitive qui serait contraire à la volonté du législateur ».

L’arrêt précise également que :

« Dans un règlement adopté le 30 mai 2016 (par la même Commune), moins de deux ans avant l’acte attaqué, les autorités communales avaient déjà limité de manière très importante l’exercice de la prostitution sur le territoire de la commune puisqu’elle n’était déjà plus tolérée que dans trois rues : à savoir la rue Linné, la rue de la Prairie et la rue des Plantes.

Par conséquent, en décidant d’ouvrir une nouvelle crèche communale à l’angle de deux de ces rues, les autorités communales ne pouvaient ignorer qu’il s’agissait du seul endroit où la prostitution pouvait encore s’exercer. Dans ces conditions, il est contradictoire, après avoir pris une telle décision, de considérer comme le fait l’acte attaqué, qu’il existerait une incompatibilité complète, fondée sur la moralité publique, entre cette nouvelle implantation et l’activité prostitutionnelle préexistante, même en dehors des jours et des heures d’ouverture de la crèche ».

Le Conseil d’Etat indique encore que :

« La moralité publique au sens de l’article 121 de la Nouvelle loi communale ne peut aller jusqu’à interdire de porter une tenue « légère » dans un lieu visible depuis la voie publique pour le simple motif que de jeunes enfants accompagnés de leurs parents peuvent circuler dans la rue à toute heure du jour ou de la nuit ».

Il conclut enfin :

« Le revirement d’attitude consistant à interdire la prostitution dans deux rues supplémentaires par rapport au règlement précédent n’est dès lors pas raisonnablement justifié par l’ouverture d’une nouvelle crèche, la création de nouveaux logements ou par les rapports de police figurant dans le dossier administratif et cette interdiction constitue une mesure disproportionnée ».

Cette disposition du règlement communal est, par conséquent, annulée.